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Vinci soupçonné de malfaçons à la fac Diderot

 

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Attention, chantier dangereux

Mediapart et Le Canard Enchaîné ont révélé de graves dysfonctionnements dans la construction par le groupe Vinci de quatre bâtiments de la fac Diderot. Retour sur un dossier méconnu.

 

L'info est passée presque inaperçue. Elle avait pourtant fait l'objet d'une longue enquête du journal en ligne Mediapart et Le Canard Enchaîné s'en est fait l'écho en juin avec un article intitulé « Les planchers branlants de la fac Paris 7 sous l'œil du parquet ». En question, la construction de quatre nouveaux bâtiments - salles de cours et locaux administratifs - à l'université Paris-Diderot, ZAC Paris Rive-Gauche, par le groupe Vinci et ses filiales. La multinationale du bâtiment, accuse le journal du mercredi, aurait « pour des raisons bassement financières, réduit les valeurs de résistance des planchers dans une partie des salles » d'un des ensembles. Au lieu des 400 kg par mètre carré de rigueur, la norme pour des établissements recevant du public, la charge autorisée aurait été réduite à 250 voire 150 kg. Cela alors même que le bâtiment est construit en majeure partie au-dessus des voies du futur TGV, donc soumis à de fortes vibrations.

 

L'architecte du projet, Philippe Blandin, de l'agence In/On, s'est rapidement plaint que le chantier ne suive pas ses dessins. Pour toute réponse, il a été privé de contrat ! L'homme a déposé, en mai, une plainte devant le pôle financier de Paris pour « contrefaçon et faux ». En plus de 117 (!) modifications entre son plan et les bâtiments construits, l'architecte s'inquiète de leurs trop faibles appuis. De nombreux experts, de la SNCF et du bureau d'études Setec, mettent également en cause ces allègements. Après de multiples tergiversations, le groupe de BTP a promis-juré qu'il avait entrepris des travaux de consolidation, notamment sur une énorme structure de béton armé.

 

Profs et étudiants pas rassurés pour leur sécurité

Peut-on l'attester aujourd'hui ? Difficile de le dire. Contactée à de multiples reprises, la direction de l'université n'a pas été en mesure de nous répondre. Josiane Pinto est enseignante-chercheuse en psychologie à Diderot. Elle siège comme élue syndicale au conseil d'administration. L’enseignante n'en revient toujours pas de ces contrats signés pour des montants faramineux. Le Canard Enchaîné parle d'un « ensemble de 45 000 mètres carrés qui coûte la bagatelle de 108 M€ hors taxes, avancés par les bétonneurs. Puis l'État leur versera un loyer de 10 M€ de loyer annuel, durant... vingt-sept ans ! » Une bonne opération pour Vinci donc. Mais ce qui la préoccupe au premier chef aujourd'hui, c'est la sécurité des étudiants : « Cette fameuse dalle a finalement été construite sans rectification.

Lire la suite dans Le 13 du Mois # 06


Publié par Philippe Schaller  le 09 Octobre 2012
 

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