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Dis moi, lycéen, t'as peur de la crise ?

 

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uelquefois, à l'évocation du mot « crise », les lycéens soupirent et lèvent les yeux au ciel ; personne n'a manqué de leur en toucher un mot, on dirait. Politiques, médias, parents ou professeurs se préoccupent de leur sort. Mais eux, sont-ils préoccupés ? Alors que la campagne présidentielle met au cœur du débat cette génération menacée de rester bloquée au stade du demandeur d'emploi ou du travailleur intermittent, que pensent les lycéens de l'avenir trouble qui leur est annoncé ? Situés à moins de 500 mètres de distance en plein coeur du 13e, on trouve les lycées Gabriel Fauré et Claude Monet. Le second est prestigieux, le premier plus hétérogène. Voici quelques paroles de lycéens glanées à la sortie des cours.

 

> À Gabriel Fauré,

pas question de renoncer à ses rêves

Devant le lycée de l'avenue de Choisy, les groupes se forment aux heures de sortie. On fait tourner une cigarette, on se chambre, on discute. Des cours d'aujourd'hui, de demain, de tout, de rien, mais « jamais de la situation économique, c'est bien assez omniprésent sur le reste de la planète ! Les jeunes sont beaucoup plus préoccupés par la fermeture de MegaUpload ! », lance un élève de 1ère du lycée Fauré.

Si omniprésente, cette crise, que beaucoup ont pris le parti de l'ignorer. « Si on se focalise là-dessus, on est mort », « ça ne sert à rien d'y penser », entend-on du côté de ceux qui, concernés, décident tout de même de ne pas céder à la panique. « Mon objectif est d'abord d'avoir mon bac, dit Priscille, en terminale scientifique. Mais mes parents me disent souvent 'J'espère que tu sais ce que tu vas faire après'. J'essaie de ne pas y prêter trop d'attention pour me concentrer sur ce que je fais maintenant. » Pour Naïma, « c'est partout pareil de toute manière, il y a de la concurrence. Dans ma classe de première littéraire, beaucoup veulent être journalistes mais tous ne vont pas y arriver à cause de la crise de la presse. » Ne vaudrait-il pas mieux s'orienter, alors, vers une voie moins bouchée ? « Non, moi je voudrais faire de l'audiovisuel. Ce n'est pas très porteur mais je ne veux pas renoncer », affirme Pierre, en terminale S.

Tous sont conscients qu'il vaut mieux ne pas choisir aveuglément son cursus et sa profession. Hors de question, en revanche, de se lancer dans un cursus radicalement opposé à ses centres d'intérêt pour mieux assurer ses arrières. Rafaël, élève de seconde, souhaite quant à lui passer un bac littéraire avant de devenir intermittent du spectacle. « C'est fortement déconseillé, à ce qu'il paraît, mais je sais que je serai plus épanoui. Mon but, c'est d'avoir une vie agréable. Mes parents, d'ailleurs, m'y encouragent. » Un autre élève de seconde lance : « Quand on veut, on peut ! » Le bon vieux conseil de papa a donc toujours cours : passe ton bac d'abord et on verra après. Les espoirs semblent beaucoup plus minces, en revanche, de voir prochainement MegaUpload rouvrir.

 

> Claude Monet :

un bon lycée vaut assurance tout risque

Dans ce lycée d'excellence qui comptabilise un taux de réussite au bac proche des 100%, les problématiques liées à l'emploi sont plutôt dans les programmes scolaires, moins dans les esprits. Ici, si l'on n'aborde pas le problème, c'est parce que ce n'en est pas vraiment un. Raphaël, élève de 1ère ES, résume : « C'est un lycée qui prépare à faire de grandes et brillantes études. » De quoi inspirer confiance, d'autant plus que travailler n'est pas pour tout de suite : « J'ai encore de longues années devant moi, raconte Philippe, 17 ans, en terminale ES. C'est trop loin pour dire si je suis optimiste ou pessimiste sur mon avenir professionnel. » Comme beaucoup de ses camarades, il envisage de partir étudier à l'étranger, aux États-Unis ou au Canada. Autre élève de Monet, Maïa mise sur ses diplômes pour réussir dans l'audiovisuel : « Plus je ferai de longues et bonnes études, plus j'aurai de chances de faire la différence. »

Lire la suite dans le 13 du Mois # 15

 

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