Le PCF nouveau est arrivé
Emmanuelle Becker est la candidate du Front de gauche aux législatives. Entrée en politique en 2008, elle a été élue conseillère communiste du 13e et de Paris à 24 ans à peine. Elle fait partie de ces nouvelles troupes sur lesquelles mise le PC pour dépoussiérer son image.
Le ventre arrondi de future maman et le sourire sincère, Emmanuelle Becker dégage une véritable fraîcheur. C'est une charmeuse qu'il est facile de prendre en sympathie. On en oublierait presque qu’elle représente le bon vieux Parti communiste à l’image moribonde. C'est bien le but : si elle en est là aujourd’hui, c’est aussi qu’elle a su surfer sur la vague de jeunesse que le parti a voulu promouvoir.
Vent nouveau au PC
Qui mieux que cette jeune femme de 28 ans pouvait incarner ce « nouveau Parti communiste » que Pierre Laurent vante dans son dernier livre ? « Elle fait partie de cette génération qui est en train de prendre en main les rênes du parti, et de le transformer », s’enthousiasme le secrétaire général.
Il a connu Emmanuelle Becker fin 2007, lors de la présentation des listes communistes pour les municipales de l’année suivante. Il se souvient que « son discours avait bluffé tout le monde ». À tel point qu’on a propulsé cette jeune femme - elle avait 24 ans -, non encartée et quasi-étrangère à la politique, en sixième position de la liste menée par Jérôme Coumet. Pari risqué, pari tenu, Paris gagné. La voilà conseillère d’arrondissement et de Paris. Sacré retournement pour celle qui, un an plus tôt, s’habillait en jeans troués et ne votait pas, trop occupée à mener de front ses études et son job de serveuse.
Avant la politique, le théâtre
Avant sa « prise de conscience » de 2007, Emmanuelle Becker a tergiversé. Deux ans plus tôt, malgré des débuts prometteurs, elle se détourne du théâtre, sa grande passion depuis l'âge de 11 ans. Le bac littéraire en poche, la jeune majeure avait quitté sa Bretagne natale pour intégrer une troupe à Paris. Jeune fille au pair dans une famille de comédiens, elle a suivi pendant un temps la formation de l’école Claude Mathieu dans le 18e, puis celle des Ateliers du Sapajou aux Frigos. À son actif, plusieurs représentations, une poignée de publicités et des figurations. Et puis un jour : « Je me lève et je n’avais plus envie. Le milieu me dérangeait, les rapports étaient assez faux. J’en avais marre. »
Exit le théâtre, Emmanuelle Becker retourne à ses études. Elle s’inscrit en lettres modernes à Censier, tout en bossant comme serveuse au Patio Provençal dans le 19e. Le cumul lui réussit : elle finit major de sa promotion deux ans de suite.
À l'époque, les manifestations étudiantes contre le Contrat première embauche ne l'inspirent pas, elle n'en « comprend pas les revendications ». C'est le temps où elle met ses valeurs sociales sous le boisseau : née dans une famille « classe moyenne de gauche », elle a passé une partie de son enfance au sein des Jeunesses ouvrières chrétiennes.
Lire la suite dans Le 13 du Mois # 14
|
Commentaires
http://www.france-palestine.org/Soiree-hommage-a-la-Palestine
S’abonner au flux RSS pour les commentaires de cet article.