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Ça bouge au Monde

En mars (Le 13 du Mois n°27) nous vous avons fait découvrir les coulisses du plus grand site d’informations de France, lemonde.fr. Depuis, on peut dire que ça a pas mal bougé en interne. La toute nouvelle directrice du Monde, Natalie Nougayrède, a en effet décidé de chambouler entièrement l’organigramme du groupe en plaçant le fameux pôle Web au centre du nouveau dispositif et non plus en complément comme c’était le cas auparavant. Alexis Delcambre, patron du site Internet depuis 2006, file au service économie à la tête d’une « task force », comme ils disent, dédiée aux technologies et aux médias qui s'intéressera à la révolution numérique et à la digitalisation des usages. D’autres membres de l’ancien pôle Web prennent du galon comme Julien Laroche-Joubert (de dos sur la photo) qui passe de chef d’édition à responsable d’un tout nouveau « laboratoire » dédié aux innovations, preuve que la nouvelle direction a clairement fait le choix de miser davantage sur le numérique que sur le papier, crise de la presse oblige. D’ailleurs des bruits de couloirs font déjà état d’une prochaine révolution, de plus grande ampleur celle-là. Il se murmure que d’ici peu le célèbre quotidien du soir pourrait sortir comme ses concurrents le matin et surtout, uniquement trois fois par semaine dans une version enrichie, aux contenus complémentaires à un site Web encore plus réactif. Si cette révolution s’opère, elle risque de susciter pas mal de débats, dans le groupe comme à l’extérieur. La fin d’un monde en quelque sorte.

Le Grand Écran bientôt sauvé ?

Nouvel épisode, peut-être l’ultime cette fois-ci, dans le feuilleton du Grand Écran. Fermée en 2006, la grande salle du Centre Italie 2, un temps promise à être transformée en boutiques, puis finalement censée accueillir un multiplex comme l’avait annoncé à grand renfort de communication la Mairie du 13e en septembre 2011, est sur le point d’être cédée par Gaumont-Pathé à un opérateur culturel pour devenir une salle de concerts. C’est en tout cas ce qu’a annoncé Jérôme Seydoux en personne lors d’une réunion en mairie le 24 avril. L’information nous a par ailleurs été confirmée par l’association Sauvons le Grand Écran, en contact direct avec l’acheteur potentiel. L’opération serait imminente, une question de semaines tout au plus, et solderait ainsi la fin de plusieurs années de batailles juridiques menées par l’association pour sauvegarder la salle et sa vocation culturelle même si celle-ci, par la voix de sa présidente Marie-Brigitte, annonce vouloir rester « vigilante pour s’assurer que le projet aboutisse vraiment et essayer si possible de faire protéger la salle, aux monuments historiques par exemple ». Comme quoi, si ces irréductibles ne s’étaient pas acharnés, la seule salle d’envergure de ce coin de Paris aurait déjà été remplacée par des boutiques dans un centre commercial qui en compte déjà 130. Mais si Jérôme Seydoux était en mairie le 24 avril c’était avant tout présenter à la soixantaine d’habitants présents la prochaine rénovation complète du cinéma Gaumont Gobelins dont l’intérieur, la vocation et le même nom seront entièrement repensés. Ainsi ce nouvel espace sera exclusivement dédié à la projection de films restaurés - en lien notamment avec la fondation Pathé qui ouvrira ses portes avec un peu de retard juste en face l’année prochaine -, et retrouvera aussi son nom d’origine, Les Fauvettes. Ouverture prévue dans deux ans.

 

Espace Forme Charléty : la Mairie de Paris joue les gros bras

 

Coup dur pour les sportifs. Le mardi 30 avril à 22 heures, l’espace forme du stade Charléty a fermé ses portes, laissant son personnel et un petit millier d’habitués sur la touche.  Manque de rentabilité, voilà la raison invoquée sans ambages par la Direction de la jeunesse et des sports (DDJS) de la Ville de Paris, qui a pris la décision il y a quelques mois. Une décision vivement contestée par le directeur de la salle de sport, Christophe Descamps, qui accuse en retour la politique tarifaire de la Ville : « C’était prévisible ! Ils ont fait le choix politique de rendre l’accès à l’espace très accessible, en instituant la gratuité pour ceux qui touchent le RSA et des tarifs réduits pour les jeunes, les seniors... » Deux cents personnes fréquentaient en effet la salle gratuitement tandis que 600 autres bénéficiaient d’un tarif de 75 euros pour le trimestre en accès illimité. Résultat : le chiffre d’affaires est passé de 145 000 euros en 2005 à 98 000 fin 2012. Insuffisant pour faire tourner la machine et maintenir à leur poste les huit personnes employées.

L’espace forme du stade Charléty - géré et animé depuis 2006 par l’UCPA - en plus d’être une salle de musculation, proposait des cours de fitness. « C’est au moment où la Mairie nous a choisis qu’elle a imposé cette grille tarifaire dite de solidarité. Nous, nous n’y sommes pour rien », se défend Christophe Descamps, salarié de l’UCPA, qui souligne que depuis sa création en novembre 1994, huit gestionnaires se sont succédé à la tête de l’espace forme. Du côté des habitués, la pilule ne passe pas non plus. Soudés, certains ont décidé de partir au combat contre la DDJS, à coup de pétitions et de courriers. Jacqueline Feinberg, 65 ans, en est le porte-voix : « J’avais trouvé en face de chez moi la possibilité de suivre des cours de gym deux fois par semaine, ça m’arrangeait bien. On était prêt à payer un peu plus cher pour sauver la salle. »

Pour l’heure, nul ne sait si cette dernière est vouée à rouvrir autrement, ni si les emplois seront sauvés. « La direction du stade a demandé au Puc [Paris université club, ndrl] d’ouvrir la salle du 13 mai au 30 juin, mais cette association refuse de reprendre le personnel », indique Christophe Descamps, qui se dit prêt à reprendre la salle à titre indépendant, convaincu de son potentiel. Un appel d’offres devrait en effet être lancé à l’automne. Affaire à suivre.

Publié par La rédaction  le 07 Mai 2013
 

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