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POLITIQUE | L'UDI se voit bientôt au centre du jeu

 

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Alliée à l'UMP aux dernières municipales, l'UDI compte bien, à l’avenir, tracer sa propre voie. Et pourquoi pas remporter l'arrondissement. Mais le petit parti actuel en a-t-il les épaules ?

« C'est par le centre que se fera l'alternance dans le 13e. » Édith Gallois, candidate malheureuse face à Jérôme Coumet en mars dernier et leader de l'UDI [Union des démocrates et indépendants, ndlr] dans l'arrondissement, y croit plus que tout, même face à un Parti socialiste qui semble indéboulonnable. « Lors des municipales, plus j'avançais dans la campagne, plus j'ai senti des attentes et des déceptions. Vers la fin, j'avais encore plus envie de gagner », lâche-t-elle, un peu maladroite. C'est que le combat était perdu d'avance, et elle le savait. Son score, certes meilleur que les précédents, restait bien loin de celui de son opposant socialiste. Qu'importe, l'UDI aspire à prendre l'arrondissement. Le centre se voit à la barre, et imagine l'UMP dans son sillage. « J'ai pris le leadership de l'opposition », assure déjà Édith Gallois. Une réponse qui fait bondir Patrick Trémège, conseiller UMP de Paris. Pour lui, chacun fait avancer sa barque : « Il y a davantage de choses qui nous rassemblent que d'éléments qui nous séparent, mais on est deux forces politiques différentes. »

À l’avenir, la place du centre grandira, Édith Gallois et Arnaud Blesse, membre actif de son équipe, en sont convaincus. « Le 13e sera un bastion de l'UDI, et le centre la figure de proue de l'opposition dans l'arrondissement », assurent-ils. « On verra quel sera le rapport de force dans quatre ans, mais pour le moment, l'UMP a six représentants en conseil d'arrondissement [cinq en réalité, ndlr], l'UDI deux », rétorque Patrick Trémège. Une petite mise au point en passant, avant d'ajouter : « Le changement à la Mairie du 13e ne peut pas s'opérer à l’initiative d’une seule force, sans tenir compte des autres. » À l'UMP, on sait cependant qu'un discours de droite dure ne fonctionne pas auprès des habitants du 13e. Un ancrage politique vers le centre droit semble plus judicieux.

MOINS DE 200 ADHÉRENTS

Problème, l'UDI a-t-elle la carrure ? Certains reprochent d'abord à Édith Gallois sa difficulté à battre le pavé. L'élue le confesse à demi-mot : « Je craignais les municipales au départ, car ce n'est pas ma nature d'aller sur le trottoir, de parler de moi, de me mettre en avant. » Les militants ensuite : difficile de savoir combien ils sont. On recenserait moins de 200 adhérents à jour de cotisation dans l'arrondissement. La Force européenne démocrate [à l'initiative de Jean-Christophe Lagarde, désormais président de l'UDI, ndlr], à laquelle appartiennent Édith Gallois et Arnaud Blesse, se range derrière le Nouveau Centre, qui fait figure de chef de file de l'UDI dans le 13e. « Quand j'y étais, il y avait sept ou huit adhérents à jour ! », moque Benoît Meyruey. Cet ancien lieutenant d'Édith Gallois, candidat Nouveau Centre aux législatives de 2012 dans la 10e circonscription, a claqué la porte à l'annonce de l'alliance entre UDI et UMP, et rejoint Nous Citoyens, un parti qui se présente comme étant en marge du personnel politique traditionnel, mais dont la présidence est désormais assurée par... Jean-Marie Cavada !

Pour Édith Gallois, ce départ est anecdotique, « même pas la peine d'en parler ». Benoît Meyruey assure que certains anciens camarades l'ont rejoint, une information qui ne fait pas sourciller l'UDI. Cette dernière peut-elle sinon compter sur le MoDem pour un « grand » rassemblement du centre ? « Ils ne sont plus que trois ou quatre et ça s'engueule souvent », sourit Arnaud Blesse, ancien de la « maison » (1). La candidature retoquée de Fadila Mehal – MoDem – au profit d'Édith Gallois – UDI – pour les dernières municipales, a laissé des traces. Pour l'emporter dans le 13e, l'UDI doit, semble-t-il, déjà surmonter un sacré chantier.

(1) Relire le coup de gueule de Jean-Michel Djaït, qui a quitté le MoDem avec fracas, dans Le 13 du Mois n°40 de mai 2014.


Édith Gallois la cumularde

Conseillère de Paris depuis 2008, Édith Gallois est également conseillère régionale depuis 2010. Celle qui aime bien cumuler les fonctions est par ailleurs secrétaire départementale de l'UDI. Cette présence à plusieurs niveaux lui paraît nécessaire pour peser sur les thématiques qui lui tiennent à cœur, notamment celle des transports. « Quand j'ai plaidé l'augmentation de la fréquence du nombre de bus sur la ligne 57, j'ai commencé en conseil d'arrondissement, puis de Paris, puis régional. Et j'ai obtenu gain de cause. » Plusieurs casquettes, certes bien pratiques pour le suivi des dossiers, mais qui agacent les partisans du non-cumul des mandats. Car elles peuvent notamment entacher la capacité à bien gérer tout de front. « Je le reconnais, je suis plus active en conseil de Paris et au conseil régional que dans le 13e. En conseil d'arrondissement, il n'y a pas toujours grand chose à dire et pas grand monde, ça ne sert à rien de faire son show », explique-t-elle. « Ça va changer », assure l'élue. Mais pas tout de suite : elle sera d’abord candidate aux régionales en fin d'année.

 

Publié par Philippe Schaller  le 05 Février 2015
 

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