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CRITIQUE | Mémoire des rues, Paris 13e arrondissement 1900-1940

 

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Mémoire des rues, Paris 13e arrondissement 1900-1940 / Philippe Lucas

 

C’est l’époque où toutes les rues étaient pavées, où les grands tonneaux des marchands de vin s’empilaient sur les trottoirs, où il y avait des va-nu-pieds, des ouvriers, des petits métiers de rue comme matelassière, où on envoyait une carte postale non de son lieu de vacances, mais de son quartier. Les éditions Parigramme proposent d’exhumer trois centaines de ces photos-cartes pour faire revivre le 13e arrondissement d’avant l’Occupation. En tout, il y a vingt Mémoire des rues, un pour chaque arrondissement de Paris. Rien que du sepia et du noir et blanc. Puisque l’immense 13e n’est pas le cadet de nos soucis (!), on découvre ici ses grands quartiers, Salpêtrière, Gare, Croulebarbe et Maison-Blanche. « Les quatre ont des personnalités bien dessinées [...]. La Gare n’a subi aucune influence extérieure et s’est gardée de tout mimétisme », dit l’auteur dans son introduction. Cinquante pages de photos l’attestent.

Les personnages passent ou posent. Dans la rue, devant leur maison ou leur café du coin. On prend le temps d’imaginer la scène de la photographie, l’ambiance, le folklore. Tout se passe en extérieur sans que l’on puisse distinguer ce que l’on connaît, à peine quelques églises, la mairie, la bouche du métro Campo-Formio, l’entrée de la Manufacture... Les guerres approchent ou s’éloignent, qui changeront la face de Paris. Les grands ensembles aussi. C’est authentique comme une architecture de peu d’étages. L’ambiance de voisinage qui s’en dégage est chaude. Bref, tout est fait pour être transporté dans un film d’époque, à la Carné par exemple, que l’endroit soit insalubre, avec cette Bièvre repoussante des tanneurs, ou distingué, comme le boulevard Arago, où des hommes bien mis avancent appuyés sur leur parapluie. Il y a de la nostalgie, mais ce n’est pas ce veut susciter l’ouvrage, qui milite pour le rôle social de la rue. Ce sont de jeunes Parisiens, aux parcours sinueux, nous apprend-on en avant-propos, qui ont rassemblé ces photos. Et c’est à la jeunesse populaire du 13e qu’il est dédié.

 

 

 

 

Mémoire des rues, Paris 13e arrondissement 1900-1940

190 pages, 320 photos, Éditions Parigramme, 9, 90€.

 

Publié par Virginie Tauzin  le 20 Avril 2015
 

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