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POLITIQUE | Entretien avec Jean-François Legaret, vice-président du groupe UMP au Conseil de Paris

 

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« ANNE HIDALGO ABUSE DE SON POUVOIR POUR EMPÊCHER LA LIBRE EXPRESSION DU DÉBAT DÉMOCRATIQUE »


Voilà passée la première année de mandat d'Anne Hidalgo. Au départ présentée comme simple successeure de Bertrand Delanoë à la tête de Paris, sans charisme notable, elle s'est efforcée au cours de ses premiers mois d'exercice d'incarner la fonction, surfant sur les gros dossiers – pollution ou Jeux olympiques –, allant jusqu’à s'opposer parfois aux velléités gouvernementales. Se sachant attendue, la maire de Paris n'hésite pas à jouer les gros bras, quitte à agacer l'opposition. Pour cette dernière, ces douze mois offrent (forcément) un bilan en demi-teinte. Ce que nous avions demandé, durant des mois de relances, c'était une interview de Nathalie Kosciusko-Morizet, l'adversaire d'Anne Hidalgo et désormais leader de la droite parisienne. C'est finalement Jean-François Legaret, élu à Paris depuis 1983, candidat malheureux à la primaire UMP l’année dernière,  aujourd’hui vice-président du groupe au conseil de Paris, maire du 1er arrondissement et conseiller régional, qui nous a reçus dans son majestueux bureau à deux pas du Louvre. Personnalité d'Anne Hidalgo, gros dossiers de la municipalité, avenir de l'UMP à Paris, il répond à nos questions.

LA PERSONNALITÉ D'ANNE HIDALGO

 

Le 13 du Mois : Comment résumeriez-vous cette première année de mandat ?

Jean-François Legaret : Je ne me livrerai pas à une attaque de personnes, j'ai un profond respect pour l'institution, moi qui ai connu Chirac, Tiberi et Delanoë. Personne chez nous n'a jamais mis en cause la légitimité de Mme Hidalgo. Mais on est bien obligés de faire des comparaisons. Il y a des faiblesses dans le comportement et la manière dont elle s'est positionnée comme maire, à la fois dans son rôle de présidente de l'assemblée et dans son rôle d'exécutif. En tant que présidente de l'assemblée, il faut bien reconnaître que ses débuts sont poussifs. L'exercice est périlleux, sportif. Elle a manifestement un manque d'expérience.

 

Elle a pourtant assisté à quelques séances du conseil de Paris sous l'ère Delanoë...

 

Oui, mais elle était relativement muette et dans l'ombre. Son manque d'expérience est soulevé dans son propre camp. Je vois quelques fois des sourires des membres de la majorité eux-mêmes lorsque je soulève des critiques.

 

Quelle personnalité dévoile-t-elle au cours de ces séances ?

 

C'est simple, on dérape d'une ou deux heures à chaque fois. À chaque question soulevée, elle reprend la parole pour se livrer à une sorte de bavardage inutile, pour nous exposer sa pensée profonde. En gros, quand un élu de la majorité prend la parole, c'est intéressant, quand c'est l'opposition, c'est lamentable. Voilà.

 

Est-ce vraiment nouveau ? Chirac n'avait-il pas la même approche alors qu'il régnait en maître ?

 

Bertrand Delanoë le faisait un peu, de manière solennelle, pour remettre l'opposition à sa place et dire qu'il n'était pas d'accord. Mais là, avec Anne Hidalgo, c'est systématique. Prenons un exemple : les questions d'actualité sont prévues comme étant un espace de liberté pour les groupes. On pose une question et l'auteur de la réponse a le dernier mot. Le règlement est très précis sur les temps de parole, mais ce n'est jamais respecté. C'est un comportement d'une grande violence, qui ne respecte pas la démocratie.

 

Anne Hidalgo est-elle moins respectueuse de l'opposition que son prédécesseur ?

 

Oui. De tous les maires qu'on a eus à Paris, son comportement de présidente de l'assemblée délibérante n'est pas d'une performance optimale. Les Parisiens attendent des conseillers, non pas de se défouler lors des séances, mais que nous soyons capables d'un débat digne et utile. Je reconnais qu'on n'est pas toujours exempts de critiques, et je ne prétendrai jamais être un modèle en la matière. Mais la manière dont le débat est organisé depuis les dernières élections municipales n'est pas à la hauteur. À chaque séance, nous apportons notre contribution sous forme de vœux et d'amendements, on en dépose entre 50 et 100. Ils sont systématiquement rejetés ! Anne Hidalgo abuse de son pouvoir pour empêcher la libre expression du débat démocratique, et ça c'est grave.

 

LES GROS DOSSIERS

Anne Hidalgo a subi des échecs sur de gros dossiers, comme pour la Tour Triangle. Quel rôle l'opposition a-t-elle joué ?

 

Il y a un élément, une équation politique qui n'est pas vraiment de sa faute, c'est qu'elle n'a pas de majorité absolue au conseil de Paris, comme Bertrand Delanoë lors de son premier mandat. Dès les premiers mois, Anne Hidalgo est tombée sur des sujets qui lui tiennent beaucoup à cœur et a été mise en minorité. Le premier et le plus emblématique dossier est en effet celui de la Tour Triangle en novembre dernier où elle a été lâchée par une partie de sa majorité [le projet a été retoqué à 83 voix contre 78, le fruit d'une coalition hétéroclite des Verts, du centre et de la droite, ndlr]. Quand on a affiché le score, ça a été une belle surprise. Des élus socialistes ont voté comme nous.

 

[...] La suite de cet interview est à retrouver dans le 13 du Mois #51

 

Publié par David Even # Philippe Schaller  le 06 Mai 2015
 

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