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POLITIQUE | Marie-Pierre de la Gontrie, l'inconnue qui veut prendre la région

 

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Candidate à la tête de liste PS aux prochaines régionales, Marie-Pierre de la Gontrie, première vice-présidente du conseil et élue du 13e, aura fort à faire face à son patron Jean-Paul Huchon dans la primaire qui les opposera fin mai. Elle croit pourtant en ses chances.

Et si c'était elle ? Après le retrait officiel d'un Claude Bartolone qui a longtemps laissé planer le doute, ne restent en lice que Marie-Pierre de la Gontrie face à Jean-Paul Huchon pour prendre la tête de la liste PS aux prochaines régionales en Île-de-France. Ils seront départagés le 28 mai, alors que les autres formations ont déjà désigné leurs candidats (lire l'encadré). Le président sortant, 68 ans, face à sa première vice-présidente, 56 ans, un duel fratricide. La conseillère de Paris, élue dans le 13e, s'était imaginée que le patron de la Région lui transmettrait les rênes à l'issue de son troisième mandat, un passage de témoin comme ce fut le cas entre Bertrand Delanoë et Anne Hidalgo pour Paris. « Je l'ai espéré jusqu'à l'automne », confie-t-elle. « Lui avait trouvé un successeur, moi pas », a répondu, cinglant, Jean-Paul Huchon au Parisien. Leur relation est conflictuelle, aucun des deux ne s'en cache. Il a décidé de poursuivre l'aventure pour le « quatre à la suite », et ce malgré les statuts du parti le lui « interdisant ».

 

PECRESSE, JOUANNO, DE LA GONTRIE : 2015, ANNÉE DES FEMMES ?

Jean-Paul Huchon le dit à longueur de journée : il pense être le seul capable de garder la Région. Marie-Pierre de la Gontrie, fan de Miss.Tic dont les tableaux ornent les murs de son bureau, pense qu'il doit passer la main. Avec l'UMP Valérie Pécresse, l'UDI Chantal Jouanno – et sans doute l'écolo Emmanuelle Cosse – candidates, 2015 serait-elle l'année des femmes ? Ce serait un argument, pas le seul. Femme mais pas seulement, elle incarnerait le « renouvellement ». « Quand j'ai vu la claque que certains maires ont pris aux municipales l'an passé, je me suis dit que la question du renouvellement devenait évidente. » Renouvellement ? Marie-Pierre de la Gontrie est pourtant vice-présidente de Jean-Paul Huchon depuis 2002, plus jeune que lui de seulement douze ans. « Je n'ai pas été présidente moi, et ce n'est pas la même personne ! »

Son profil politique, du courant strauss-khanien, n'est guère éloigné de celui de son futur-ex-boss. Ses priorités pour la Région ? La candidate reste vague, face à nous comme dans sa profession de foi. Elle évoque « refuser une Île-de-France à deux vitesses », « soutenir l'emploi », « oser plus de transparence et de démocratie », « favoriser le dialogue avec les Franciliens ». Par exemple, en décidant que le conseil régional siège à tour de rôle dans chacun des départements d'Île-de-France.

 

DANS UN SONDAGE, 84 % DES GENS NE LA CONNAÎSSENT PAS

« Jean-Paul s'est beaucoup tendu », lâche-t-elle. C'est que Marie-Pierre de la Gontrie a bénéficié ces dernières semaines du soutien de personnalités de premier plan : le secrétaire d’État aux relations avec le Parlement et élu du 13e Jean-Marie Le Guen, sans surprise, la maire de Paris Anne Hidalgo, le député de l'Essonne Malek Boutih. Jean-Paul Huchon lui renvoie le soutien de 85 élus de la région, dont le député-maire de Sarcelles François Pupponi ou l'ancien ministre Daniel Vaillant. Mais la candidate peut aussi compter sur la puissante fédération parisienne. Conseillère régionale depuis 1998, de Paris depuis 2001, elle bénéficie d'un fort réseau. Et son discours porte. « On ne met pas en cause mes compétences, alors que ça arrive assez vite sur le tapis quand on est une femme », sourit-elle.

Face à la « menace », les critiques de l'équipe Huchon pleuvent, par journaux interposés. Trop parisienne ? « Je mets quiconque au défi de trouver une fois où j'ai favorisé Paris au niveau des finances. Et les Parisiens représentent tout de même un Francilien sur cinq ! », rétorque-t-elle. Inconnue ? « C'est vrai, je suis méconnue, mais une méconnue à seulement trois points [dans un sondage Harris Interactive réalisé pour le PS, révélé mi-avril par le JDD, ndlr] du président du conseil régional sortant  bien plus médiatisé ! » Dans ce sondage, 84 % des personnes interrogées disent ne pas la connaître ! Alors si c'était Marie-Pierre de la Gontrie qui était désignée fin mai par les socialistes, pourrait-elle faire triompher la gauche en décembre ? « Ça va être difficile, mais on va se battre. Les sondages ne sont pas désespérants », répond-elle le plus sérieusement du monde. Les dernières études donnent l'UMP gagnante, talonnée par le PS, le FN troisième.

 


 

 

LES AUTRES PARTIS EN ORDRE DE MARCHE

Toutes les autres formations ont déjà désigné leurs candidat(e)s. Les têtes de liste, à ce stade de la campagne, sont : Valérie Pécresse pour l'UMP, Wallerand de Saint-Just pour le FN, Chantal Jouanno pour l'UDI, Pierre Laurent pour le Front de gauche, Yann Wehrling pour le MoDem, Nicolas Dupont-Aignant pour Debout la France et Olivier Besancenot pour LO-NPA. À l'heure où nous mettions sous presse, le ou la candidat(e) écolo n'était pas désigné(e), mais Emmanuelle Cosse faisait figure de favorite.

 

 


 

 

BIO EXPRESSS

 

Avocate de formation, spécialisée dans le droit des collectivités locales, Marie-Pierre de la Gontrie est conseillère de Paris depuis 2001 et a été adjointe au maire chargée de la démocratie locale et des relations avec les associations de 2001 à 2008. Conseillère régionale depuis 1998, l'élue a été vice-présidente en charge de la culture, puis des finances jusqu'à ce jour. Elle est également membre du bureau national du PS et secrétaire aux libertés publiques et à la justice.

 

Publié par Philippe Schaller & Virginie Tauzin.  le 06 Mai 2015
 

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